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Fondateur du Cercle Sportif de l’Institution Nationale des Invalides
Il est des vies qui marquent profondément.
Des vies qui dépassent le simple parcours individuel pour devenir un héritage collectif.
Georges Morin était de celles-là .
Né le 12 novembre 1934, officier issu de École spéciale militaire de Saint-Cyr, il est grièvement blessé en 1961, en Algérie, alors qu’il sert comme lieutenant. Amputé des deux jambes et d’un bras, il aurait pu voir sa vie basculer dans le renoncement.
Il en a fait un point de départ.
Animé par une force de caractère hors du commun, Georges Morin a choisi de transformer l’épreuve en engagement. Très tôt, il comprend que le sport peut être bien plus qu’une pratique : un levier de reconstruction, un espace de dignité retrouvée, un chemin vers les autres.
C’est cette conviction qui le conduit, en 1966, à fonder le Cercle Sportif de l’Institution Nationale des Invalides (CSINI). Pendant près de 30 ans, il le fait vivre, grandir, rayonner. Il en pose les fondations, les valeurs, l’âme.
Au-delà du fondateur, il était aussi un homme d’action et de défis.
Escrimeur talentueux, il remporte entre 1965 et 1971 sept mĂ©dailles internationales aux Jeux de Stoke Mandeville et aux Jeux europĂ©ens. Un exploit d’autant plus remarquable au regard de son handicap. Â
Mais Georges Morin ne s’arrêtait jamais aux limites que d’autres auraient acceptées.
Pilote engagĂ© sur le Paris-Dakar, marin passionnĂ©, acteur associatif infatigable — notamment Ă travers Handicap Nord-Sud — il incarnait une manière d’être au monde : libre, audacieuse, rĂ©solument tournĂ©e vers l’autre. Â
Il y a encore peu de temps, nous avions la chance d’échanger avec lui, dans le cadre des 60 ans du CSINI.
À cette occasion, il nous avait confié ses histoires, ses souvenirs, ses secrets aussi — avec cette générosité et cette sincérité qui le caractérisaient — pour nourrir le film anniversaire de l’association.
Le portrait qui accompagnera cet hommage a été réalisé lors de cette rencontre, fin mars dernier.
Un moment précieux, qui résonne aujourd’hui avec une intensité toute particulière.
Fondateur, dirigeant, compétiteur, bâtisseur… mais surtout passeur.
Passeur de valeurs.
Passeur d’énergie.
Passeur d’espoir.
Ce qu’il a initié en 1966 continue aujourd’hui de vivre à travers chaque séance, chaque stage, chaque regard relevé grâce au sport.
À travers chaque adhérent qui retrouve confiance.
Ă€ travers chaque main tendue.
Comme l’écrivait Ralph Waldo Emerson :
« Notre plus grand mérite n’est pas de ne jamais tomber, mais de nous relever à chaque fois. »
Georges Morin n’a pas seulement incarné cette phrase.
Il l’a transmise.
Le CSINI lui doit son existence.
Nous lui devons bien plus encore.
Aujourd’hui, c’est toute une communauté — adhérents, pensionnaires, bénévoles, partenaires — qui lui rend hommage avec respect et reconnaissance.
Merci, mon Lieutenant.
Pour votre vision.
Pour votre courage.
Pour ce que vous avez permis.
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Et pour tout ce qui, grâce à vous, continue d’exister.
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